A propos de vocation

Le 4ème dimanche de Pâques donne à l’Église de prier pour les vocations, en particulier religieuses et sacerdotales. N’est-ce qu’une courte parenthèse dans l’année liturgique, dans nos priorités pastorales, dans le discernement de notre place de chrétien dans le monde et dans l’Église… ou est-ce l’occasion de poser la question de la vocation un peu plus sérieusement ?

De la difficulté d’en parler

Lors de deux récentes discussions de table, la première avec l’équipe de prêtres et diacre de la paroisse Ste Emilie des Causses, la seconde à la Maison Saint Pierre avec des prêtres et laïques en responsabilité pastorale, j’ai abordé le thème de la vocation. Des questions difficiles, et pour lesquelles le Service Diocésain des Vocations ne peut se targuer d’avoir les réponses – le manque de vocations chez nous l’atteste. Comment appeler à être prêtre ? Qu’est-ce qui peut amener un jeune à se poser la question ?

Les avis recueillis ci-dessous sont contrastés, du fait de la génération, de l’origine, du parcours de vie des uns et des autres, mais ils font entrevoir combien cette question de la vocation est délicate pour tous, voire taboue pour certains ! De fait, y répondre implique un choix radical, que l’on ne peut pas faire à la place de celui qui se pose cette question, mais ce choix personnel suppose aussi la présence d’autrui, l’existence d’une communauté appelante, d’un milieu favorable notamment en famille, des exemples de vies réussies, des prêtres qui soient des témoins probants, alors que l’on sait bien combien la vie – y compris en Eglise – peut être cabossante. La question de la vocation, c’est l’affaire d’un engagement pour la vie, alors que l’absence de visibilité sur l’avenir est bien une caractéristique de la vie de l’Église, tout particulièrement en France, quelles que soient les vocations ; la vocation suppose enfin et surtout une collaboration mystérieuse entre Dieu pour appeler au cœur, et l’Église, aussi bien l’institution que chacun de ses membres, pour interpeller sans peur ! Et sous prétexte que c’est Dieu qui appelle, prier pour les vocations pourrait n’être qu’une excuse à notre timidité à relayer nous-mêmes cet appel…

Osons alors une hypothèse : Et si la difficulté même de la question de la vocation, le fait qu’elle n’aille pas de soi, que ce service de Dieu et de l’humanité, comme prêtre dans l’Église, soit à ce point contre-culturel, à rebours de la frilosité des parents, de la société, voire même d’un grand nombre de chrétiens, et si tout cela était l’indice que la vocation de prêtre est en fait une aventure hors-norme ? Une aventure d’autant plus risquée et ouverte que la manière d’être prêtre pour le XXIème siècle reste à inventer ; un « métier » de folie, parce que le bien qu’il produit n’est tangible que dans un regard de foi ; une vie dont la fécondité ne dépend, pour le meilleur et pour le pire, que de la vérité de la relation nouée avec Dieu et avec les autres ; une radicalité assumée qui permet au sens propre d’aimer dans ce que cela peut avoir de plus déraisonnable, c’est-à-dire de « tout donner et se donner soi-même » (Ste Thérèse de Lisieux) ?

Certes, le respect de la liberté d’un jeune – ou d’un moins jeune – en recherche, doit nous prévenir de le déterminer dans une voie qui pourrait ne pas lui convenir. Mais au-delà de cette recherche d’une convenance, de ce qui lui apporterait davantage, de ce qui serait son intérêt (« que dois-je faire pour avoir… ? » Mc 10,17) le plus grand service à rendre à un jeune est bien celui de le croire capable d’un don total, définitif et absolu – parce qu’ayant Dieu pour ultime destinataire -, quel que soit le mode de ce don : à travers une personne par le mariage, une communauté par la vie consacrée ou religieuse, une Eglise locale par un service ou un ministère ordonné. (« va, vends ce que tu as et donne-le aux pauvres ; alors tu auras un trésor au ciel. Puis viens, suis-moi. » Mc 10,21) Ne pas en être convaincu, croire que la vie ne serait faite que de petitesses, d’engagements partiels, temporaires, réversibles, où l’on ne ferait que se prêter au jeu sans réellement tout risquer par amour, voilà qui serait si prudent et si désespérant à la fois. Et c’est donc à contre-courant que l’Église a l’audace de proposer l’indissolubilité du mariage, les vœux religieux définitifs, et le lien d’incardination d’un ministre ordonné au diocèse qu’il veut servir de toute sa personne.

p. Raphaël Bui
(SDV 12)

Libres paroles sur la vocation

p. André (74 ans) : J’ai vécu dans un milieu chrétien, avec des parents qui avaient le sens de la relation avec le Seigneur. Nous avions la prière en famille. J’ai regimbé quelques fois. Mais il y a eu un curé pendant mon enfance et ma jeunesse, quelqu’un de très original, très intelligent. Après, au petit séminaire, j’ai eu un professeur qui m’a beaucoup marqué en tant que prêtre. Puis, j’ai connu des laïcs engagés. Cela a été le déclic. « Pourquoi ne pas aller dans ce sillage-là, comme prêtre ? » On parlait de témoignage, de foi rayonnante. Je l’ai trouvé à travers ces gens-là. Il y avait la pratique, l’engagement, le témoignage, la cohérence entre leur parole et la mise en œuvre de cette parole dans leur vie.

p. Christophe (40 ans) : Dans ma famille, on a toujours bien accueilli les prêtres, et de les voir vivre, de les voir prier, naturellement, je savais comment ils vivaient et je pouvais me projeter. Une des difficultés actuelles est que les jeunes ne voient pas autant comment vit le prêtre. Par rapport aux vocations aujourd’hui, c’est important que les prêtres puissent partager la vie des familles ou retrouvent une certaine proximité avec la jeunesse. Nous avons un énorme travail à faire. Pour moi, ce qui a beaucoup compté, c’est le renversement dans mon cœur, le jour où j’ai cessé de réfléchir à ce que moi, j’avais envie de faire de mon avenir, pour me poser une autre question, plus décentrée : « où est-ce que je pourrais être utile ? le plus utile à cette génération ? » Et bien je me suis dit que le monde a besoin de prêtres et je me suis engagé sur ce chemin. Devenir prêtre ou diacre, c’est accepter de ne pas « me servir » dans ma vie, rechercher mon bien personnel. Je peux faire de ma vie quelque chose de bien, je peux faire de ma vie un don et un service. Et cette générosité là, elle est splendide, magnifique. Pour l’appel, systématiquement, chaque fois que je vois un jeune pratiquant, qui est attaché à la paroisse, ou qui a un certain goût pour l’Eucharistie, je m’oblige à lui poser la question de la vocation de prêtre. Mais je ne le fais qu’une fois. Je n’insiste jamais. C’est mon devoir de prêtre, au nom du Christ, d’appeler des serviteurs, des hommes au service de l’Evangile. Je les appelle donc systématiquement, mais une fois. C’est ma règle. L’appel a résonné. Après, cela appartient à Dieu et à la liberté du jeune. Dans les aumôneries, les lycées, on rencontre beaucoup de jeunes. Je crois qu’à tous les garçons dans mes groupes, je leur ai posé la question. Une des difficultés pour la jeunesse : quel que soit le chemin choisi, même s’il paraît merveilleux dans un premier temps, la vie est une affaire de persévérance, d’aller jusqu’au bout. Qui doit appeler ? Est-ce que ce sont les prêtres qui doivent appeler eux-mêmes les jeunes au ministère ? Est-ce que l’évêque a une responsabilité d’appeler lui-même les jeunes de son diocèse, pour servir l’Église ? Est-ce que ce sont les parents ? L’appel peut venir de différents endroits, des communautés croyantes, des laïcs, qui appellent, eux, des jeunes, à devenir prêtre pour servir la communauté. Pour le diaconat, ça marche. Mais je ne l’ai pas encore trop vu fonctionner pour des prêtres. La vocation pour être prêtre diocésain ou diacre, c’est être prêts à servir le Christ, mais attachés à un territoire pour la mission. L’Aveyron donne toujours des jeunes qui se préparent à être prêtres, mais l’attachement au terroir fait défaut, les jeunes préférant l’option d’un ministère plus gratifiant, en ville, avec des jeunes plus nombreux. Cette question est cruciale pour nous en Aveyron aujourd’hui. D’autre part, l’Église change beaucoup et la mission du prêtre est aussi amenée à changer – on ne sait pas ce que sera son ministère dans 10 ans. Pour appeler, c’est bien là un problème. On voudrait appeler parce que l’on croit au ministère du prêtre, mais ce que l’on a à proposer est flou. On a besoin que notre diocèse – et peut-être que le synode va servir à ça – puisse projeter sur les 15 ou 20 ans ce que sera le ministère ou la vie du prêtre et du diacre. Un jeune a besoin de grands idéaux, mais il a aussi besoin de clarté.

p. Gérard (79 ans) : Demander à un enfant qui rentre en 6ème s’il a la vocation [comme on l’a fait pour ma génération], cela me paraît absurde. C’est à des laïcs qu’il faut poser la question, et qu’ils aient 30 ans, 40 ans, 50 ans, 80 ans même. Adulte, j’ai répondu à la question, car à 30 ans, j’ai pris une option : je suis allé au boulot. Même à l’époque, il y avait peu de classes ouvrières, de travailleurs manuels. J’ai cru que l’on pouvait faire fonctionner les deux choses à la fois, être prêtre et ouvrier. Le travail, j’ai voulu faire le pari que ça pouvait être compatible avec une responsabilité d’Eglise. Je ne suis pas sûr d’y être arrivé… parce que l’Église nous a ignorés. Les évêques n’y ont pas cru. Même quand j’ai été nommé vicaire aux Quatre Saisons, ce n’est pas l’évêque qui m’a nommé. C’est le supérieur du séminaire. Là, l’Église n’a pas été médiatrice de manière correcte.

Jean-Pierre (diacre, 66 ans) : Pour un diacre, c’est différent, car notre premier engagement commence par la vie professionnelle, la vie de couple. C’est déjà ce service-là qui conduit à servir l’Église. Très tôt, quand j’ai commencé à travailler, je me suis senti « appelé » au service des autres. J’ai commencé dans le syndicalisme, dans le monde associatif. C’est après tout cela que j’ai été appelé dans l’Église, parce que, lorsque mes enfants ont commencé à faire du catéchisme, je me suis dit : « Il faut que je les l’accompagne. » Et c’est comme ça que petit à petit, j’ai été appelé au service de l’Église. Deux personnes m’ont appelé : « Est-ce que tu as pensé un jour au diaconat ? » De moi-même, je ne me suis pas senti avoir la vocation à devenir diacre. Mais à un moment, je me suis dit : « Tu as reçu quelque chose, à ton tour de donner maintenant. » Aujourd’hui, nos assemblées reçoivent beaucoup, mais est-ce que l’on est prêt à donner ?

p. Andrew (44 ans) : Quand j’étais petit, c’est ma maman qui m’a encouragé à devenir prêtre, mais elle ne m’a jamais forcé. C’est moi qui ai choisi de devenir prêtre. Je ne le regrette pas, j’en suis ravi. Je trouve que c’est la vocation de servir mieux les hommes et Dieu. En Inde, jusqu’à maintenant, il n’y a pas vraiment de problème de vocation. Pour cela, les parents doivent non pas forcer, mais encourager. Il faut parler de Dieu en famille. On ne doit pas éviter de parler du Christ, les uns avec les autres. En Inde, le curé a une bonne relation avec les enfants de chœur qui le restent jusqu’à 16 ou 17 ans. Alors, c’est plus facile pour encourager.

p. Leo-Dominic (49 ans) : La vocation est unique pour chaque personne. Pendant les vacances, quand j’étais au lycée, on m’a proposé : « est-ce que tu veux devenir prêtre ? » par l’intermédiaire d’un catéchiste de notre paroisse. J’ai envoyé une lettre à mon évêque. C’est comme ça ma vocation. J’ai ressenti ce que rappelle l’Evangile : « Venez et voyez. » Mon père m’a alors donné un conseil : ce n’est pas très important d’entrer au séminaire. Mais une fois la décision prise, il faut être très fidèle à sa vocation, ne pas tourner la tête en arrière – comme au labour. Il faut aller de l’avant. La messe et l’Eucharistie, sont une vraie source pour notre vocation, pour le sacerdoce. Parce que celui qui vraiment assiste ou participe à la messe, découvrira très facilement sa vocation.

…et voici d’autres interviews à la Maison Saint Pierre :

Agnieschka : Ce qui permet d’appeler des jeunes à être prêtre, c’est que les prêtres montrent leur enthousiasme, leur bonheur d’être prêtres.

Marie-Odile : Que les prêtres soient de leur temps, avec un temps d’avance sur tout ce qui se passe dans la vie. Qu’ils vivent la fraternité, qu’ils soient vraiment en communion avec les gens, très relationnels, proches des familles, pour que ça donne envie de vivre cette fraternité : « Moi je pourrais y aider ». Ce qui aide un jeune à se poser la question d’être prêtre, c’est de voir un prêtre heureux dans ce qu’il fait, dans ce qu’il est, heureux quand il se retrouve dans une messe des jeunes, heureux quand il organise un rassemblement, heureux le dimanche quand il est interpellé à la sortie de la messe, heureux même s’il se fait assassiner en pleine rue parce que des paroissiens ne sont pas contents !

p. Bernard (75 ans) : Moi, je témoigne que je suis heureux, je dis aux jeunes que je suis un homme heureux, que notre vie de prêtre veut traduire une fraternité.

Grâce : Comment est-on proche des familles, pour qu’elles aient l’idée : « après tout, pourquoi pas ? » Cela revient à tout le monde d’inviter un jeune à se poser la question de la vocation. C’est-à-dire aux animateurs, aux prêtres, aux parents effectivement. Comment nous adultes, sommes-nous capables d’être auprès de ces jeunes, de les accompagner, pour leur dire : « oui, tu peux, fonce ! » Plutôt que « ça ne va pas ? Tu n’es pas fou ? Tu ne peux pas faire ça ! » Le p. Emile Puech, un Jeudi Saint, nous a parlé des vocations, du manque de prêtres, et puis il s’est adressé à tous : « Parmi vous, parents qui êtes là, quels sont ceux qui un jour ont osé se poser la question : est-ce que je pourrais proposer cela à mon fils ? » Tout le monde s’est regardé. Alors, pourquoi les parents, on n’ose pas se poser cette question ?

p. Guy : En 44 ans de sacerdoce, ça ne m’est jamais arrivé de poser cette question à un jeune ! Comme le disent les évêques, il faut « prier pour les vocations ».

Christine : Si on lance des appels en général, ça ne marche pas. Il faut aussi que ce soit senti, que l’on connaisse bien le jeune, que l’on aille vers quelqu’un chez qui déjà on a pressenti…

Le témoignage d’un futur prêtre, Manoj Visuvasam

(Manoj, 33 ans, sera ordonné prêtre, dimanche 25 juin 2017 en la Cathédrale de Rodez)

Je m’appelle Manoj, diacre, venant de l’Inde. Ma famille est très chrétienne. On est 4 dans la famille. Ma petite sœur aussi est religieuse en Inde. Mes aînés sont mariés avec des enfants. Maman, Papa, sont très attachés à l’Église, aux prêtres, aux religieuses, à l’Eglise. Ils prient le chapelet tous les jours, dans une petite chapelle. Mon papa est sacristain jusqu’à maintenant depuis 35 ans. Quand il n’était pas là pour prier le chapelet le soir, je le remplaçais. Quand j’étais petit, un prêtre nous a beaucoup encouragés et nous a toujours accompagnés. C’est lui qui a semé la graine de ma vocation. Je la lui dois. Très gentil, très proche des gens, quand il prend une décision, il la tient. Je vois la sainteté à travers lui. On peut dire que grâce à lui, j’ai désiré être prêtre. Ensuite, j’ai fait des études, au séminaire. Mon père m’a toujours encouragé. Je ne suis pas très doué pour les études, mais petit à petit, j’ai amélioré mon anglais. Sinon, à la base, ce sont mes parents qui m’ont donné la foi chrétienne, qui m’ont toujours accompagné, mené à l’Église, presque tous les soirs.

Je pense que pour la vocation, ça naît dans une famille, si quelqu’un est bien entouré dans sa famille… Certes, ça peut arriver avec le caté, les rencontres, mais pour moi, la famille est la source des vocations. Ici, il y a cependant des séminaristes qui ont des parents qui sont moins accrochés à l’Église, mais un événement dans leur vie, a changé, bouleversé leur vie. C’est aussi très enrichissant, comme le catéchuménat. J’accompagne ainsi une catéchumène, qui était la seule dans sa famille à venir à l’Église. Ce n’est pas facile, mais très enrichissant.

Dans un contexte peu religieux, il y a ainsi une analogie entre la pastorale des vocations et le catéchuménat.

Par exemple, qui appelle ? Il faut d’abord se sentir appelé personnellement. Le catéchumène se sent appelé à être baptisé, et il frappe à la porte de l’Église. Dans mon cas, j’ai vu quelqu’un [un prêtre] très gentil, un modèle de sainteté. Je voulais l’imiter comme ça. Je pense que ça se ressent personnellement, et puis ça devrait être bien encadré à l’Église, comme un accompagnement au catéchuménat. Un accompagnement par les familles, l’Église, la paroisse, les prêtres. Il faut se sentir personnellement appelé. Après, il faut quelqu’un pour aider, extérieur à la famille, par exemple un prêtre, un religieux, une religieuse.

Un conseil pour mieux accompagner quelqu’un qui ressent cet appel : faire goûter notre expérience, comment vit un prêtre, la pastorale, comment il accompagne les autres. Parfois, le prêtre est très pris, et cela inquiète les jeunes. Les prêtres courent à droite et à gauche. C’est notre manière de vivre, mais ce n’est pas facile dans notre situation. Il ne faut pas désespérer non plus. Je m’inquiète un peu, car on ne parle pas très souvent de vocations avec les jeunes. La vocation, ça ne leur parle pas beaucoup. Il faut continuer. Le rapport des jeunes avec l’Église n’est pas très fréquent comme en Inde où c’est tous les dimanches. Ici, on est très pris par beaucoup de choses. Il faut accompagner, parler.

Je ne vois pas de différence entre le fait d’être prêtre en Inde et en France, c’est la même vocation, mais il faut continuer de s’adapter à la culture. La pastorale est différente, mais ce qui m’inquiète c’est surtout que l’on n’est pas très proche des gens, pris par les rendez-vous, les travaux pastoraux… ce n’est pas très convivial, c’est très administratif. Aussi, j’essaie d’être plus proche des gens. Ça pourrait changer pour les vocations. Quand je montre aux jeunes que je suis très pris, à droite à gauche, au bout d’un moment, ils se disent : être prêtre, est-ce que ça rend heureux ? C’est inquiétant si on doit courir partout. Il faut montrer aux jeunes qu’être prêtre ce n’est pas seulement des rendez-vous mais ça nous rend heureux !

Disciple-missionnaire, selon des jeunes prêtres

A l’occasion de leur session de formation permanente, des « jeunes prêtres » (ordonnés depuis moins de 5 ans) des provinces de Montpellier, Toulouse, Bordeaux et Poitiers, témoignent de ce que signifie pour eux être « disciple-missionnaire », selon l’expression du pape François dans son exhortation apostolique « Evangelii Gaudium » n°120 (2013)*

Interviews réalisés à la Cité Saint Pierre (Lourdes), le 3 mai 2017, en vue du Dimanche des Vocations (4ème dimanche de Pâques – 7 mai)

* « En vertu du Baptême reçu, chaque membre du Peuple de Dieu est devenu disciple missionnaire (cf. Mt 28, 19). Chaque baptisé, quelle que soit sa fonction dans l’Église et le niveau d’instruction de sa foi, est un sujet actif de l’évangélisation, et il serait inadéquat de penser à un schéma d’évangélisation utilisé pour des acteurs qualifiés, où le reste du peuple fidèle serait seulement destiné à bénéficier de leurs actions. La nouvelle évangélisation doit impliquer que chaque baptisé soit protagoniste d’une façon nouvelle. Cette conviction se transforme en un appel adressé à chaque chrétien, pour que personne ne renonce à son engagement pour l’évangélisation, car s’il a vraiment fait l’expérience de l’amour de Dieu qui le sauve, il n’a pas besoin de beaucoup de temps de préparation pour aller l’annoncer, il ne peut pas attendre d’avoir reçu beaucoup de leçons ou de longues instructions. Tout chrétien est missionnaire dans la mesure où il a rencontré l’amour de Dieu en Jésus Christ ; nous ne disons plus que nous sommes « disciples » et « missionnaires », mais toujours que nous sommes « disciples-missionnaires ». Si nous n’en sommes pas convaincus, regardons les premiers disciples, qui immédiatement, après avoir reconnu le regard de Jésus, allèrent proclamer pleins de joie : « Nous avons trouvé le Messie » (Jn 1, 41). La samaritaine, à peine eut-elle fini son dialogue avec Jésus, devint missionnaire, et beaucoup de samaritains crurent en Jésus « à cause de la parole de la femme » (Jn 4, 39). Saint Paul aussi, à partir de sa rencontre avec Jésus Christ, « aussitôt se mit à prêcher Jésus » (Ac 9, 20). Et nous, qu’attendons-nous ?« 

La joie d’être prêtre

En lien avec la journée mondiale de prière pour les vocations – chaque année le 4ème dimanche de Pâques (dit du « Bon Pasteur ») – voici quelques témoignages de jeunes prêtres (JP) des provinces de Toulouse et Montpellier – i.e. de la future nouvelle grande région – réunis à Monteillas-las-Illas (Pyrénées Orientales) pour leur session de formation de « JP »…


La joie d’être prêtre par quelques jeunes prêtres interrogés par le p. Raphaël Bui

L’année sacerdotale en Aveyron

Le pape Benoît XVI avait décrété pour 2009-2010, une « année sacerdotale… pour favoriser cette tension des prêtres vers la perfection spirituelle dont dépend avant tout l’efficacité de leur ministère… pour faire comprendre toujours plus l’importance du rôle et de la mission du prêtre dans l’Eglise et dans la société contemporaine. »

Cette année s’est conclue en beauté par le « Dimanche Diocésain Autrement », le 27 juin 2010, avec l’ordination de Florent Dixneuf, le forum de l’Eglise – avec des échanges de pratiques, et le stand remarqué de la vie religieuse ! – mais aussi de multiples jubilés dont celuis des 20 ans d’épiscopat de Mgr Bellino Ghirard. Les jardins de l’évêché transformés en aire de pique-nique géant, une cour fourmillant d’idées et de projets pris dans les filets de la pastorale, des jeunes rassemblés pour l’occasion à Saint Pierre, une cathédrale comble : c’était l’Eglise, telle qu’elle est et aime se donner à voir !

Pour l’occasion, le Service des Vocations a interviewé plusieurs dizaines d’enfants, de jeunes, mais aussi de prêtres pour réaliser la vidéo ci-dessous (8’34), sur ce qu’est un prêtre, et qui a inauguré l’ordination de Florent :


Être prêtre, qu’est-ce ? par leahparbui12

Le Service des Vocations a aussi publié chaque mois de l’année sacerdotale 2009-2010 dans les journaux paroissiaux Chez Nous une page sur un aspect de la vocation du prêtre, à partir d’un portrait biblique :

ABRAHAMUn aventurier de la foi
JACOBPère par delà la faiblesse
MOÏSENourricier pour son peuple
SAMUELA l’écoute de La Parole
DAVIDFamilier de Dieu
JONASTémoin malgré lui
JEREMIELe souci de son peuple
MARIEFaire grandir le Christ
PIERREServiteur de l’unité
MARTHE ET MARIEFraternité et service d’amour